Conseiller immobilier indépendant : un métier vraiment facile ?

Devenir conseiller immobilier indépendant fait rêver, mais que demande réellement ce métier ? Prospection, organisation, revenus et quotidien : faisons le point.

MÉTIER

Dominique Mallet

2/8/20266 min lire

Conseiller immobilier indépendant : un métier vraiment facile ?

« Conseiller immobilier ? Tu visites des maisons, tu mets quelques annonces en ligne et tu touches une commission. »

Vu de l'extérieur, le métier peut parfois sembler assez simple.

La réalité est différente.

Être conseiller immobilier indépendant, c'est bien sûr visiter et vendre des biens. Mais c'est aussi prospecter, estimer, conseiller, photographier, rédiger, communiquer, suivre des dossiers, accompagner des négociations et parfois travailler plusieurs semaines sur une vente qui n'aboutira finalement pas.

Alors, est-ce vraiment un métier facile ?

Non. Mais c'est précisément ce qui le rend intéressant.

Un métier où personne ne vous apporte vos clients

C'est probablement le premier point à comprendre avant de se lancer.

Un conseiller immobilier indépendant doit développer lui-même son activité.

Au début, il faut se faire connaître, rencontrer les habitants de son secteur, développer son réseau, communiquer et obtenir ses premiers rendez-vous.

La prospection peut prendre différentes formes :

  • contacts directs ;

  • recommandations ;

  • réseau personnel et professionnel ;

  • présence locale ;

  • réseaux sociaux ;

  • site internet ;

  • partenariats ;

  • événements locaux.

Il n'existe pas de méthode magique.

La régularité compte généralement davantage qu'une opération spectaculaire réalisée une fois par an.

Une estimation ne consiste pas à donner un prix au m²

Lorsqu'un propriétaire demande une estimation, il attend évidemment une valeur.

Mais le travail ne consiste pas simplement à multiplier une surface par un prix moyen au mètre carré trouvé sur Internet.

Il faut observer le bien :

emplacement, état, exposition, terrain, étage, extérieur, stationnement, travaux, DPE, nuisances, prestations et concurrence présente sur le marché.

Il faut ensuite être capable d'expliquer son estimation.

Et parfois annoncer au propriétaire une valeur inférieure à celle qu'il espérait.

C'est une partie importante du métier : dire ce que l'on pense réellement du marché, même lorsque ce n'est pas ce que le client souhaitait entendre.

Obtenir un mandat n'est que le début

Une fois le bien confié, le travail continue.

Il faut préparer sa commercialisation, réaliser les photos, rédiger l'annonce, sélectionner les informations pertinentes et diffuser le bien.

Puis arrivent les demandes.

Toutes ne déboucheront pas sur une visite.

Toutes les visites ne déboucheront pas sur une offre.

Et toutes les offres ne déboucheront pas sur une vente.

Le rôle du conseiller consiste donc aussi à qualifier les projets et à éviter autant que possible les visites inutiles.

Les visites représentent seulement une partie du métier

C'est pourtant la partie la plus visible.

Une visite efficace demande de connaître le logement et son environnement.

Il faut pouvoir répondre aux questions concernant notamment :

  • les surfaces ;

  • les équipements ;

  • le chauffage ;

  • les diagnostics ;

  • les travaux ;

  • la copropriété ;

  • les charges ;

  • la taxe foncière ;

  • l'environnement.

Lorsqu'une information manque, mieux vaut la vérifier plutôt que d'improviser une réponse.

La confiance se construit aussi de cette manière.

Il faut savoir accompagner une négociation

Une offre arrive.

Le travail n'est pas terminé.

Le vendeur souhaite naturellement obtenir le meilleur prix possible. L'acquéreur cherche, lui, à acheter dans les meilleures conditions.

Le conseiller se trouve entre les deux.

Son rôle n'est pas de décider à leur place, mais de transmettre les propositions, expliquer la situation et aider chacun à mesurer les conséquences de sa décision.

Une négociation ne se résume d'ailleurs pas toujours au prix.

Le financement, le calendrier, les conditions de l'offre ou le projet de l'acquéreur peuvent également compter.

Une vente peut encore échouer après l'offre

C'est une particularité importante du métier.

Un accord entre vendeur et acquéreur ne signifie pas que la transaction est terminée.

Il reste notamment le compromis ou la promesse, les différentes conditions suspensives, le financement et le travail du notaire avant la signature définitive.

Entre la première rencontre avec un vendeur et l'acte authentique, plusieurs mois peuvent s'écouler.

Et lorsqu'une vente n'aboutit pas, une grande partie du travail réalisé auparavant n'est pas rémunérée.

Des revenus irréguliers

C'est probablement l'un des éléments les plus importants à connaître lorsqu'on envisage une reconversion.

Un conseiller immobilier indépendant n'a pas le fonctionnement d'un salarié percevant le même salaire chaque mois.

Une vente réalisée aujourd'hui ne signifie pas nécessairement une rémunération immédiate.

Il faut attendre que les différentes étapes de la transaction soient accomplies.

Il peut donc y avoir de très bons mois et d'autres beaucoup plus calmes.

Avant de se lancer, il est essentiel d'intégrer cette irrégularité et de disposer d'une organisation financière adaptée.

Indépendant ne signifie pas travailler moins

La liberté d'organisation constitue l'un des attraits du métier.

Pouvoir organiser son agenda, choisir ses méthodes de travail ou développer son activité à sa manière est appréciable.

Mais cette liberté a une contrepartie :

personne ne vous oblige à prospecter le matin.

Personne ne vous impose de rappeler un vendeur.

Personne ne vous demande de préparer votre rendez-vous du lendemain.

Lorsqu'on est indépendant, il faut donc être capable de créer soi-même sa discipline.

La liberté fonctionne beaucoup mieux avec de l'organisation.

Faut-il être disponible le soir et le week-end ?

L'immobilier implique une certaine souplesse.

Les acquéreurs et vendeurs travaillent eux aussi et ne sont pas toujours disponibles aux horaires de bureau.

Certaines visites ou certains rendez-vous ont donc lieu en fin de journée ou le samedi.

Cela ne signifie pas qu'il faut être joignable 24 heures sur 24.

Avec l'expérience, il devient important de définir son organisation et ses limites.

L'indépendance doit permettre de construire son emploi du temps, pas de ne plus en avoir.

Faut-il être un excellent commercial ?

Pas au sens caricatural du terme.

Il faut évidemment savoir présenter un service et obtenir des mandats.

Mais dans l'immobilier, savoir écouter est au moins aussi important que savoir parler.

Un propriétaire qui vend après trente ans passés dans sa maison ne vit pas simplement une opération financière.

Un acquéreur qui réalise son premier achat peut être inquiet à l'idée de s'engager sur vingt ans.

Le métier comporte donc une dimension humaine importante.

Comprendre le projet avant de vouloir vendre quelque chose est probablement l'une des qualités les plus utiles.

Et la connaissance juridique ?

Un conseiller immobilier n'est ni notaire, ni avocat, ni diagnostiqueur.

Mais il doit posséder suffisamment de connaissances pour identifier les questions importantes et savoir quand faire intervenir le bon professionnel.

Urbanisme, copropriété, diagnostics, assainissement, servitudes, financement, succession…

Les situations rencontrées sont très diverses.

Il faut donc continuer à se former tout au long de son activité.

Peut-on réussir sans expérience dans l'immobilier ?

Oui.

Beaucoup de professionnels viennent d'autres métiers.

Commerce, management, artisanat, banque, communication ou métiers de service peuvent apporter des compétences très utiles.

Mais une reconversion ne doit pas être envisagée uniquement parce qu'on « aime les maisons ».

Le métier repose avant tout sur la relation humaine, la prospection, la rigueur et la capacité à développer une activité indépendante.

Si vous envisagez cette voie, j'ai détaillé davantage ces questions sur ma page Changer de métier pour devenir conseiller immobilier.

Ce que j'apprécie dans ce métier

Être indépendant permet de construire progressivement sa manière de travailler.

Pour ma part, exercer comme conseiller immobilier indépendant à Nîmes me permet d'accompagner des projets très différents : première acquisition, vente d'une maison familiale, investissement ou changement de vie.

Aucune journée n'est vraiment identique à la précédente.

Il y a des périodes intenses, des dossiers compliqués et des ventes qui prennent beaucoup plus de temps que prévu.

Mais il y a également ce moment particulier où un projet préparé pendant plusieurs mois arrive enfin à son terme.

Alors, conseiller immobilier : métier facile ou difficile ?

Facile ? Non. Accessible ? Oui.

Il n'est pas nécessaire d'avoir travaillé vingt ans dans l'immobilier pour commencer.

En revanche, il faut accepter une réalité : les résultats ne viennent généralement pas immédiatement.

Il faut construire sa réputation, développer son réseau, apprendre son secteur et rester régulier lorsque les résultats tardent.

Le métier peut offrir une vraie liberté professionnelle.

Mais cette liberté se construit avec du travail, de la constance et une bonne dose de persévérance.

À retenir

Avant de devenir conseiller immobilier indépendant, il faut surtout se demander :

Suis-je prêt à prospecter régulièrement ?

Puis-je accepter des revenus irréguliers ?

Suis-je capable d'organiser seul mes journées ?

Ai-je envie d'accompagner des personnes dans des décisions parfois importantes de leur vie ?

Si la réponse est oui, le métier mérite d'être découvert sérieusement.

Pas parce qu'il serait facile.

Mais parce qu'il peut devenir passionnant lorsqu'on apprécie à la fois l'immobilier, l'autonomie et surtout le contact humain.

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